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Un autre regard

Clément Méric : relativiser cette tragédie, c'est le tuer une seconde fois

10 Juin 2013 , Rédigé par SOBOL Hagay Publié dans #Clément Méric

La vie de Clément Méric s'est arrêtée à 18 ans, est-ce un drame ou une récupération. Faut-il renvoyer dos à dos les deux extrêmes ? Faire cela c'est rendre le mal banal et oublier que la France est un État de droit.

Notre société va si mal que cela choque de moins en moins de se battre plutôt que de débattre.

Il est plus facile de se battre

À peine sorti de l'adolescence, âge sans concession, la vie de Méric s'est arrêtée. À cet âge, on est de tous les combats, on veut changer le monde et pas toujours de la manière la plus subtile. Est-ce une raison pour légitimer sa mort ?

Non en aucun cas ! Pour Clément, son engagement était peut-être pour une façon de nous dire à nous adultes et parents que le monde que nous lui laissons, ainsi qu'à nos enfants, est dans un triste état. Qu'aurait-il pu devenir avec quelques années de plus. Avec une vie en plus ?

De l’autre côté, il faut se rendre à l’évidence, avoir le crâne rasé, vêtu comme un paramilitaire et armé d’un coup de poing américain, c’est rarement pour faire de la poésie. Peut-être que celui qui a porté de coup fatal, était "désorienté" et endoctriné, "ne cherchant qu’à ce défendre"… À se défendre de quoi du débat d’idées ? C’est en effet plus facile de se battre que de débattre.

Combattre le mal de toutes ses forces

Oui, c’est vrai, l’intolérance est dans les deux camps. Mais la France est un État de droit et les citoyens qui la composent ont le devoir de faire régner les principes républicains qui régissent notre vivre ensemble. "Tous ensemble". Sinon nous sombrerons à court terme dans la barbarie en légitimant la mort ici, et l’obscurantisme là-bas.

Aujourd’hui, les idéologies extrêmes sont responsables de deux vies gâchées. Combien demain si nous nous y habituons ? Si nous ne nous révoltons pas devant ce mal qui corrompt nos valeurs. Non, il ne faut pas s’habituer au mal, au point qu’il devienne banal. Il faut rester lucide pour le combattre de toutes ses forces.

Relativiser la mort de Clément, âgé à peine de 18 ans, l’âge de tous les possibles, c’est le laisser mourir une deuxième fois en renvoyant dos à dos "victime et meurtrier".

Oui ce monde est malade d’indifférence et de lâcheté. Se révolter face à ce drame n'est pas de la récupération, s'est simplement faire preuve d'humanité !

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