Affaire Clément Méric : Après la violence ordinaire et les règlements de compte, la violence politique ?
Narcotrafic, violence ordinaire, et désormais violence politique. Il n’est pas qu’à Marseille « que le crime fleurit », comme vient de le démontrer l’assassinat d’un jeune militant antifasciste de 18 ans par un groupe de skinheads à Paris. Si la France se veut un avenir, il est temps de traduire les paroles en actes, et de traiter la violence sur tous les fronts avec les moyens appropriés.
Marseille entre violence ordinaire et règlements de compte ?
Le Président Hollande, lors de son allocution au MuCEM (Musée des Civilisation de l’Europe et de la Méditerranée) a pointé du doigt la violence qui empoisonne Marseille : violence ordinaire et crime organisé. Il répondait sur un ton grave, traduisant une réalité intolérable, à un "bon mot" de Jean-Claude Gaudin l'actuel Maire UMP de Marseille qui n'a pas encore confirmé officiellement sa candidature pour un 4ème mandat à la tête de la cité phocéenne. Pour en finir avec ce mal qui est devenu endémique, il faudra « plus que des promesses, mais de l'énergie, des moyens », et un mandat à plein temps, ce que vient confirmer un 7ème règlement de compte depuis le début de l’année dans les quartiers nord de la ville.
« La violence n’est pas une fatalité » ?
Depuis des années l’on a fait preuve d’une « passivité irresponsable », en laissant une économie souterraine se développer sur le ferment de la précarité et prendre ainsi en otage nos « quartiers » comme le disent avec véhémence plusieurs candidats aux Primaires Socialistes de Marseille, tels la Sénatrice et Maire du 8ème secteur, Samia Ghali qui veut « envoyer l’armée dans les cités », ou le député Maire des 1er et 7ème arrondissements, Patrick Mennucci. Ce dernier, après l’assassinat d’un passant dans le quartier de Noailles, appartenant à son secteur, condamnait cette situation explosive : « Il faut de la répression, de la vidéosurveillance, mais aussi de la prévention et surtout produire de la richesse et des emplois. Il y a urgence ». Pour mettre en œuvre ce programme, « il faut une véritable volonté politique, car la violence n’est pas une fatalité ».
« La bête immonde »
Cependant, il est une autre violence que l'on croyait confinée à des temps révolus, la violence politique ou idéologique. Ainsi, un jeune de 18 ans, sympathisant du Parti de gauche, a été assassiné par des militants d’extrême droite appartenant au JNR (Jeune Nationaliste Révolutionnaire) dans le IX arrondissement de Paris, lors d’une vente privée. De nombreux appels ont été lancés pour la dissolution de ces groupes ultraviolents, à l’image de Jean-Luc Mélenchon ou d’Alain Vidalies, Ministre chargé des relations avec le Parlement. Ce dernier poursuit en affirmant que« c’est toute la République qui est en deuil » et qu’aujourd’hui « tous les démocrates doivent se mobiliser ».
Il n’est pas qu’à Marseille « que le crime fleurit »
L’actualité vient de le démonter, il n’est pas qu’à Marseille « que le crime fleurit ».C’est en quelque sorte l’arbre qui cache la forêt. La violence est malheureusement partout et sous différentes formes. Si la France se veut un avenir, il convient de la traiter sur tous les fronts, non avec des paroles mais avec des moyens appropriés.
En ce qui concerne Marseille, il est trop facile de stigmatiser la 2ème ville de France. Le président de la République l’a souligné. « Nous vivons dans un monde global. Il ne peut y avoir des îlots de prospérité, au sein d’une majorité vivant dans la précarité ». Ou encore, « Marseille est une chance pour la France ». Allusion non dissimulée à la Métropole Aix – Marseille – Provence. Il semble que le Sénat l’ait entendu puisqu’il vient de voter l’article 30 dans le cadre de la loi de décentralisation. Patrick Mennucci, en première ligne sur le projet, lors d’un débat avec Maryse Joissains Maire d’Aix en Provence, une fervente opposante, a insisté sur le lien entre Métropole, développement économique et diminution de la délinquance : « Il ne peut y avoir de paix sociale sans prospérité et sans intérêt communs et partagés ».
A l’origine de nombreux faits divers, il y a la drogue générant une économie parallèle, mais alimentant également la violence ordinaire. Aucune politique ne sera réellement efficace sans coordination nationale et internationale de la répression du narcotrafic pour lutter contre la fabrication, et l’introduction de stupéfiants, et en se focalisant sur le volet économique. Les trafiquants s’enrichissent, alors il ne faut plus que cette « niche fiscale perdure ». En 2011, le Ministère de l’intérieur en avait fait une priorité absolue, malheureusement, aujourd’hui on est loin d’avoir atteint les objectifs fixés.
Tolérance zéro pour l’intolérance
Pour revenir sur l’odieux assassinat du jeune militant « connu pour ses idées antifascistes », il s’inscrit dans un contexte déjà tendu exacerbé par la crise économique. Aussi, il convient d’appliquer sans faiblir la « tolérance zéro » pour toutes les formes d’intolérance sur fond d’idéologie, ou de recherche de boucs émissaires : racisme, antisémitisme, homophobie, et autres « détails de l’histoire ». Sinon il est à craindre de voir se multiplier ces actes révulsant lors des campagnes électorales à venir.
Le diagnostic est connu de longue date, la violence a une origine multifactorielle. Aussi, la République, à tous ses niveaux, du politique au citoyen, pour reconquérir ses « territoires perdus », doit mettre en œuvre une politique volontariste. Face à ces dangers, l’heure n’est plus au « consensus mou », mais à l’action menée par des femmes et des hommes déterminés.
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Méric : Après, la violence ordinaire et les règlements de compte, la violence politique
Je réagis | 102 lu Temps de lecture : 4 minutes Narcotrafic, violence ordinaire, et désormais violence politique. Il n'est pas qu'à Marseille " que le crime fleurit ", comme vient de le démontr...