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Un autre regard

L’aide à la personne, un secteur sinistré ?

4 Octobre 2013 , Rédigé par SOBOL Hagay

L’aide à la personne, un secteur sinistré ?

Chacun d’entre nous, un jour ou l’autre, fera appel aux services d’aide à la personne. Ce secteur court aujourd’hui en grand danger et plus particulièrement le réseau associatif. C’est le résultat de la crise économique et de mesures mises en place lors de la présidence de Nicolas Sarkozy et poursuivies par François Hollande. Si aucune solution n’était trouvée cela menacerait des dizaines de milliers d’emplois. Pour cette raison les associations se mobilisent. Après Valérie Boyer, c’était au tour de Patrick Mennucci de rencontrer les représentants de la fédération CQFD assurant 60% des besoins dans le département des Bouches du Rhône, pour tenter de dégager des solutions.

L’aide à la personne quelle réalité ?

C’est un secteur hétérogène allant du soin, de l’aide à domicile, le portage de repas jusqu’à la garde d’enfants. Le marché se partage entre les associations, les établissements publics, majoritaires, et des entreprises privées. Cette grande diversité en temps de crise, du fait des règlementations en vigueur est à l’origine de fortes tensions qui risquent de se répercuter sur les usagers eux-mêmes. En effet, l’état pour abaisser le cout du travail a mis en place le CICE ou « Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi ». En compensation, les structures non lucratives se sont vues accorder une réduction de taxe sur les salaires. Cependant, pour Hervé Sitbon, président de CQFD, « cette mesure est très insuffisante, elle entraine un fort écart de compétitivité en faveur des entreprises ».

Sacrifier les associations sur l’autel de la compétitivité ?

Si l’on maintient les choses en l’état cela risque d’entrainer la disparition du réseau associatif qui ne remplit pas les mêmes fonctions que le secteur privé. Prenons l’exemple de personnes dépendantes en milieu rural. Les associations se mobilisent pour prendre en charge des personnes isolées. Il s’agit d’une activité difficilement rentable mais qui est dans la vocation de l’économie sociale et solidaire. A l’inverse, une entreprise est basée sur le profit, valorisant en tout premier lieu l’économie d’échelle. Ainsi, les deux modèles ne sont pas superposables. Ne pas le considérer induirait une perte d’équité entre les usagers ce qui va à l’encontre des principes républicains.

Patrick Mennucci a immédiatement réagi

Patrick Mennucci, Député Maire des 1er et 7ème arts, sensible à ces inégalités et à la menace de pertes d’emplois a immédiatement adressé une question écrite à Benoît Hamon Ministre délégué à l’économie sociale et solidaire et au Ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve. Une réunion a de plus été programmée pour la rentrée à Marseille avec Jérôme Guedj, rapporteur du dossier à l’Assemblée Nationale, afin de travailler sur les solutions concrètes et innovantes qu’il est possible de mettre en œuvre en perspective de la loi de dépendance qui sera prochainement votée.

Que peut faire le Maire, vous qui êtes candidat à la Mairie de Marseille ? a lancé un des intervenants. Ce à quoi le candidat PS a répondu : « dans mon programme, il y a plusieurs éléments en lien avec l’économie sociale et solidaire tels que la proposition 87 pour la création de centres municipaux aux solidarités ». Puis Patrick Mennucci a fait une proposition. « j’ai sous ma responsabilité une école maternelle inoccupée dans le 7ème art. Nous pouvons ensemble penser un projet de crèche. Ce peut-être le point de départ d’une action à plus large échelle ».

Les associations assurent le lien social

Les associations sont un outil d’intégration qui assure le lien social. Là où l’Etat ne peut agir, les associations prennent le relai en fournissant des solutions innovantes, adaptées à des besoins spécifiques. Dans les arbitrages que devra opérer le gouvernement, il ne s’agira pas de choisir entre associations ou entreprises, mais de trouver des ajustements qui permettront aux deux systèmes de perdurer. Les associations, pivots de l’économie sociale et solidaire, formulent des demandes modestes, au regard du type de service rendu qui a peu de chance d’être pris en charge par le secteur marchand. Aussi l’on serait tenté de citer François Proust « Sans solidarité performances ni durables ni honorables ».

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Levhair - Septembre / Octobre 2013

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